Victoire de la CAQ: plus ça change...

Avec les résultats qu'on connait aujourd'hui, on peut se demander si cette 42e campagne électorale provinciale était vraiment nécessaire.

D'abord, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a mené une campagne dont la médiocrité n'est égalée que par celle du Parti québécois. Sauf qu'au lieu de subir une cuisante défaite, la CAQ a remporté les élections de façon convaincante - tout du moins si on se fie au nombre de sièges que le parti a obtenu plutôt qu'au pourcentage de la population qui a voté pour lui, c'est-à-dire à peine 25%. Peut-être que ça veut dire qu'il nous faudrait un nouveau mode de scrutin?

Malgré que la coalition de François Legault ait perdu près de dix points dans les sondages des intentions de vote entre le début de la campagne le 23 août dernier et les élections du 1er octobre, elle a recueilli plus de 37% des voies. Ce n'est pas loin 13% de plus que le Parti libéral du Québec (PLQ), son plus proche rival. Peut-être que ça veut dire que la pertinence des sondages est expirée?

Aussi, le programme environnemental - s'il peut être qualifié ainsi - de la CAQ omet un élément primordial: l'environnement. En investissant dans le prolongement des autoroutes, qui ne fera qu'augmenter le nombre de véhicules sur nos routes, M. Legault ne lutte pas contre les changements climatiques. En ordonnant la construction d'un troisième lien entre Québec et Lévis, qui lui aussi augmentera le flux de véhicules, M. Legault ne lutte pas contre les changements climatiques. À vrai dire, le seul parti qui présentait un programme environnemental digne de ce nom, c'était Québec solidaire. Bien que la formation de gauche ait connu le meilleur résultat de son histoire aux dernières élections, QS ne sera même pas reconnu comme parti officiel au Salon bleu. Peut-être que ça veut dire que l'électorat québécois remet l'environnement au second plan?

Un autre argument phare de la CAQ lors de la campagne électorale était le changement que le parti apportera dans le paysage politique québécois. Avec une majorité de députés ayant affiché les couleurs du Parti libéral dans une autre vie - et vice versa -, on se demande ce que François Legault entend par « changement ». Cette connivence entre la CAQ et le PLQ était d'autant plus visible lors des débats télévisés, alors que MM. Legault et Couillard ont admis à plusieurs reprises partager une même opinion sur de multiples enjeux. Peut-être que les électeurs de la CAQ ont tenté de camoufler leur souhait de stabilité sous un espoir de changement?

Un peu plus d'une semaine après leur élection à la tête du gouvernement du Québec, François Legault et ses députés méritent tout de même une chance de montrer qu'ils sont dignes du vote du quart des Québécoises et Québécois qui les ont élus. Après tout, il est vrai que la CAQ a fait de la réforme du mode de scrutin une de ses promesses électorales. De plus, ils ont floué les analystes et les sondages avec leur victoire historique. Cependant, l'environnement n'est pas un enjeu qui peut être remis à plus tard. Il va falloir du vrai changement pour les contrer, ces changements.