Une gauche maladroite

Sans aucun doute, c’est une soirée électorale aux allures fantasmatiques qui a ébloui le Québec et tous ses amateurs de politiques le 1er octobre dernier. La Coalition avenir Québec (CAQ) qui obtient plus de trois fois plus de sièges qu’aux dernières élections question de teinter bleu foncé majoritairement notre nouvelle assemblée nationale. Le Parti libéral du Québec (PLQ) qui obtient le plus bas pourcentage de votes de son histoire. Assez polarisant sachant que le parti qui tire ses racines de la rébellion des patriotes milite depuis 1867. Québec solidaire (QS) et son opération séduction auprès de la jeunesse québécoise marquent également un chapitre historique alors que le parti double pratiquement le nombre de voix obtenues précédemment, parvenant à élire dix députés. Bref, les records s’enfilaient, les émotions se mouvementaient, les réactions se partageaient assez surprenant pour une course qui s’est jouée en moins de 30 minutes… Mais le clou du spectacle, cette gauche maladroite, cette 4e position du Parti québécois, ce résultat inimaginable, sérieusement.  

Dur de passer sous silence la cuisante défaite qu’a subie le parti fondé en 1968 par René Lévesque, un parti qui depuis toujours se veut être la référence idéologique en matière de souveraineté au Québec. Mais depuis hier, il est légitime d’en douter. Puisque tous tentent d’expliquer ou de comprendre les alarmants résultats, plusieurs hypothèses ont déjà été émises quant à la nature de cet échec, à voire même si la gauche n’aurait pas nui à la gauche en divisant les votes. Une théorie qui se veut explicable, personnellement, c’est en essayant de mettre le doigt sur le bobo que j’ai finalement pointé du doigt; Québec solidaire.

Malgré l’échec du bleu foncé, c’est un orange plus en santé que jamais qui voit le jour. La situation se résume donc simplement par la populaire maxime ; le bonheur des uns fait le malheur des autres.

Tout au long de la campagne, j’ai eu l’impression que le Parti québécois était constamment en retard face à QS. Que Québec solidaire incarnait parfaitement le joueur d’échecs toujours deux coups à l’avance tandis que le PQ avait l’air d’un étudiant démotivé qui lève les yeux en plein examen pour copier son voisin.

Je m’explique.

Premièrement, le Parti Québécois ne peut pas se lancer en campagne et écarter le projet de souveraineté de sa plateforme. On parle ici de leur vocation principale même natale. Rien de pire pour embrouiller un électorat déjà démotivé par la politique que de déjouer sa propre finalité. Et ce, surtout pour un parti qui regroupe une grande masse de partisans vieillissants et fidèle à l’origine du parti. Du moins, c’est ce que j’ai remarquer en faisant le tour de petites réunions péquiste dans Montarville. Alors que de leur côté, QS est demeuré extrêmement clair quant à leur position par rapport à l’indépendance. Même chose pour l’environnement, bien que la troupe à Lisée ait essayé d’en faire son cheval de bataille, le vote des environnementalistes était déjà gagné par QS qui depuis leur création reste fidèle en leur position.  

Alors s’il vous plait monsieur/madame le/la prochain/e chef du Parti québécois, cesser de tirer dans tous les sens, rester fidèle à vous-même et rappelez-vous que Rome ne s’est pas faite en un jour, quoique la CAQ soit majoritaire qu’après six ans.