Un Québec sous le signe du changement

Même si les résultats obtenus lors des élections du 1eroctobre dernier n’ont pas nécessairement fait l’unanimité, le message des Québécois reste clair et précis: il nous faut du changement.

Et du changement, il y en aura.

Le plus flagrant, c’est bien sûr le changement de gouvernement. Avec 74 députés élus, la Coalition Avenir Québec devient le premier gouvernement élu depuis près de 50 ans qui n’est pas issu de l’alternance libérale-péquiste. Saturés du Parti libéral du Québec, j’ai l’impression que plusieurs ont préféré donner leur vote au parti de François Legault, simplement pour ne pas l’offrir à ceux qui règnent à tour de rôle sur le Québec depuis si longtemps.

Et Québec Solidaire dans tout ça? Peut-être que les électeurs croyaient que ce parti n’était pas encore prêt pour un aussi gros mandat? Et pourtant, le parti fièrement représenté par Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois a désormais un député de plus que le Parti québécois, en plus d'avoir réussi à ouvrir une grande discussion dans notre société. Parions qu'ils profiteront au maximum des sièges qu'ils ont gagnés pour continuer leur mission, et qu'ils reviendront en force lors des prochaines élections provinciales.

Je ne peux pas passer sous silence les pauvres résultats obtenus par le Parti québécois, qui en 2012 avait réussi à faire élire la première femme occupant le poste de premier ministre du Québec. Il s’agit d’une grande déception pour Jean-François Lisée, alors que les électeurs ont finalement voté «oui» au référendum les séparant de son parti. Après la démission presque évidente de son chef, quelles mesures le parti devra-t-il prendre afin de renaître de ses cendres? C’est à voir…

C’est également un vent de féminisme qui a soufflé sur les élections cette année, puisque les Québécois ont élu 52 femmes, ce qui représente 41,6% des députés élus. Le gouvernement précédent était composé à 29% de femmes. Un beau progrès me direz-vous, et je suis d’accord, mais sachez qu’il y a encore place à l’amélioration. Avec ces résultats, nous traversons de justesse la zone paritaire située à 40%. Un peu moins fiers, non?

Au final, ce qui représente le changement le plus important selon moi, c’est que sur les 125 députés élus, 67 d’entre eux n’ont jamais siégé à l’Assemblée nationale. Certains diront que leur cruel manque d’expérience finira par leur nuire, mais je pense plutôt qu’il s’agira d’un atout bien précieux.

J'ose croire que ces nouveaux venus seront affamés, alors qu’ils auront tant de choses à dire et sur quoi débattre.

J’ose penser qu’ils apporteront également un regard neuf sur les enjeux de notre société, alors que les discours étaient les mêmes depuis tant d’années.

J’ose espérer qu’ils seront à la hauteur des votes que les Québécois leur ont donnés.