Élections 2018: L'arrivée des milléniaux en politique

Lors du 1er octobre dernier, la génération Y avait un pouvoir précieux : celui d’influencer le vote, puisqu’ils représentaient pour la première fois le tiers du poids électoral au Québec. L’arrivée des milléniaux dans le décor politique a influencé à sa manière la campagne électorale en mettant sur table l’enjeu de l’environnement.

La Coalition avenir Québec est la grande gagnante de ces élections historiques avec un gouvernement majoritaire. Ce parti politique n’est pas le seul à avoir savouré la victoire. Québec solidaire a obtenu neuf sièges à l’Assemblée nationale, ce qui est un nombre record pour l’équipe de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois.

Le mouvement solidaire prend de plus en plus d’expansion et fait gonfler son nombre d’adeptes. Plusieurs électeurs appartenant à la grande famille des milléniaux adhèrent aux valeurs du parti politique.

Personnellement, je crois que Québec solidaire a été le seul parti qui s’est vraiment adapté aux préoccupations des 18-35 ans en allouant de l’importance à l’environnement, lors de la campagne électorale.

Un enjeu oublié

Pour la génération Y, les enjeux environnementaux constituent les assises du futur. Conséquemment, l’urgence climatique est au cœur de leurs inquiétudes. Les politiciens qui prennent le choix de ne pas aborder la question font une grave erreur. Au début du marathon électoral, la majorité des formations politiques ont ignoré les mesures de développement durable de leur programme.

Dans leur discours, les partis politiques ont préféré se concentrer sur les grands thèmes comme la santé et l’éducation. Je concède que ces enjeux sont très importants, mais les problèmes environnementaux le sont sur le même pied d’égalité. Ce que je trouve malheureux, c’est que le développement durable est un enjeu de l’avenir que plusieurs chefs poussent du revers de la main. Ils priorisent plutôt tout ce qui touche le court terme, en mettant de l’avant des solutions rapides et « efficaces ».

Ce que les partis politiques ne comprennent pas, c’est que l’environnement doit être pris en charge d’une manière différente. Il faut être capable de regarder au-delà du présent pour constater les dangers qui planent sur notre planète. Lors de la campagne électorale, la CAQ et le Parti libéral ont fait la démonstration qu’ils ne possédaient pas cette vision à long terme.

Changement de cap

Pendant les discours et les sorties publiques qui se sont succédé, nous avons été témoins de l’attitude passéiste de nos politiciens. Ils auraient pu faire preuve de plus d’ambition en matière d’environnement sans mettre en péril des votes. Évidemment, Québec solidaire a été l’exception à la règle parce que le parti a toujours considéré l’urgence climatique comme étant capitale.

Rapidement, plusieurs électeurs ont souligné cette négligence en dénonçant la situation. Face à ces commentaires, certaines formations ont rectifié leur tir en cours de route pour éviter les blâmes. C’est d’ailleurs à ce stade-ci que le Parti québécois a proposé des solutions qui s’inspiraient de Québec solidaire en matière de transport en commun.

Toutefois, il faut souligner que ce n’est pas toutes les formations qui ont succombé aux revendications des milléniaux. Les caquistes et les libéraux sont toujours restés vagues dans leurs mesures, malgré les efforts déployés.

Une génération conscientisée

Lors du grand débat des chefs à Radio-Canada, la chef de Québec solidaire, Manon Massé, a souligné l’importance de l’action citoyenne pour pallier aux changements climatiques. Elle a surtout mentionné que le gouvernement doit aussi mettre la main à la pâte en instaurant des réglementations strictes pour préserver la région.

Les milléniaux sont réalistes. Ils sont conscients qu’ils peuvent contribuer à la santé de la planète par des gestes quotidiens. Toutefois, le premier ministre doit aussi s’impliquer dans ce combat pour que nous puissions rattraper notre retard collectif. La première étape est de reconnaitre la problématique en ayant conscience des conséquences prochaines sur notre avenir.

Malgré le fait que les milléniaux équivalent les baby-boomers à l’échelle des votes, ce n’est pas gagné d’avance pour les 18-35 ans. Nous savons très bien que le taux de participation chez les jeunes est en pente descendante.

Je fais partie des celles qui a encore de l’espoir puisque quand nous observons les résultats des électeurs en herbe, Québec solidaire remporte la palme à 26,16%. Je considère ce pourcentage comme une très bonne nouvelle puisque cela signifie que la jeunesse prend de plus en plus conscience de l’urgence climatique. C’est en travaillant en équipe que nous réussirons à faire une différence.