Élections 2018 : la planète mise aux oubliettes

Une trentaine de minutes après la fermeture des bureaux de vote, lundi le 1er octobre dernier, Radio-Canada annonçait déjà un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec. Notre province venait d’élire un gouvernement qui, pendant 39 jours, avait à peine effleuré les sujets environnementaux. L’avenir de la planète aurait pourtant dû être le cheval de bataille de tous les partis durant la campagne.

Encore aujourd’hui, des dizaines d’articles étaient publiés quant à l’importance d’agir rapidement sur la question environnementale. Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a donné un gros choc : il faut impérativement freiner le réchauffement de la planète à 1,5°.

Malgré l’urgence environnementale qui nous guette, les engagements qui ont été proposés par le nouveau gouvernement en place ne sont pas suffisants. Pour ne nommer que cela, la CAQ n’a pas voulu promettre de protéger au moins 17 % des aires terrestres et 10 % des aires marines.

La CAQ propose notamment «un effort concret pour les sciences de l’environnement, les technologies vertes, l’efficacité énergétique et les sources d’énergie alternatives (…)» sur son site Internet.

Ce n’est pas avec des engagements si peu précis que nous aurons une meilleure qualité de vie pour les générations à venir. Lors d’un de mes soupers post-élection, deux baby-boomers se sont défendus du peu de mesures proposées par la CAQ en disant que c’était au citoyen de faire leur part des choses chez eux pour sauver l’environnement.

Rappelons rapidement que oui, les petits gestes de tout un chacun sont de bons départs pour la planète, mais que les grosses entreprises et les industries du pétrole ont un impact complètement disproportionné. Ce sont les changements majeurs des gouvernements qui, finalement, font vraiment la différence.

Un vague bleu a soufflé sur le Québec lundi dernier, alors que j’aspirais à un Québec plus vert.

L’élection de 10 membres de Québec solidaire, qui est le seul parti à avoir traité les enjeux climatiques à la hauteur de leur importance, donne au moins espoir que ce sujet primordial ne sera pas mis aux oubliettes à l’Assemblée nationale.

En manière de transport en commun, les politiciens ont oublié de mentionner les personnes à mobilité réduite qui doivent utiliser les services. Les partis politiques ont aussi fait très peu de propositions intéressantes aux universitaires, sauf pour ce qui est de Québec solidaire et son éducation gratuite jusqu’au doctorat. L’éducation a cependant été un dossier important, mais il est malheureusement resté au niveau de la fameuse maternelle 4 ans.

Quant à la souveraineté, le sujet a complètement été écarté de la campagne, un élément qui en a déçu plus d’un. Est-ce que cela démontre que l’espoir souverainiste est éteint ? Loin de là, le pourcentage du vote pour le Parti québécois et Québec solidaire démontre que l’intérêt pour la question de l’indépendance est encore sur plusieurs lèvres. À la prochaine fois, comme il disait !