Élections provinciales: Rétrospective d'une jeune journaliste

Pour la première fois, durant la campagne électorale provinciale 2018, j’ai eu la chance de réellement plonger dans l’univers médiatique en période électorale. J’ai constaté assez rapidement que l’information en période électorale n’arrête jamais, elle est massivement partagée à toutes heures de la journée. La politique ne prend pas de pause en période électorale et les médias non plus. Il peut donc être difficile de se retrouver dans la mer d’information qui est partagée chaque jour. En tant que journaliste en devenir, je me retrouvais parfois perdue au travers de toutes les nouvelles sur les élections. Alors, je me doute que pour les citoyens n’ayant pas une vocation obligeant de rester informer, les élections peuvent facilement devenir une énorme montagne d’incompréhension.

Ce qui m’a le plus surpris tout au long de la campagne, est l’accessibilité aux candidats et leur grande volonté à donner des entrevues. Leur ouverture à passer des entrevues m’a ravie et a déconstruit mon préjugé selon lequel les candidats politiques sont difficiles d’approche et inaccessibles.

Malgré leur générosité en temps et en contenu, j’ai remarqué que les candidats accordent souvent des entrevues dans le but de convaincre le journaliste plutôt que dans l’optique de transmettre de l’information pertinente. Même s’il est facile de croire le candidat sur parole tout au long d’une entrevue, je pense qu’il faut aller dans le sens opposé et tout remettre en question. Ainsi, j’ai pu constater l’utilité d’arriver préparé à une entrevue avec le maximum d’information. Une bonne connaissance du candidat, de sa circonscription, mais aussi des élections et de la situation politique en général permet de distinguer le vrai du faux ou d’apporter des nuances au discours du candidat. Une bonne préparation permet également de poser des questions poignantes, ce qui n’est pas possibles avec de simples connaissances de surface.

Ayant été particulièrement interpellée par des enjeux peu abordés dans les médias traditionnels tel que l’abstentionnisme et l’anticapitalisme, j’ai remarqué que certains citoyens voient leurs idées très peu représentées durant la campagne électorale ainsi que dans les médias. Je pense que les médias, surtout les grands médias, devraient porter une plus grande attention pour essayer de partager des opinions plus variées que celles des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale et même les idées qui ne sont pas portées par des partis politiques existants.

La couverture des élections en tant qu'apprenti journaliste a été fort enrichissante. Je dois avouer que ma perspective des médias en période électorale a grandement changée. J'ai maintenant beaucoup plus de respect pour les journalistes politiques et leur grand travail de vulgarisation.