Un bilan en demi-teinte

Au terme d'une campagne électorale 2018 au Québec dénuée d'intérêt, je reste sur ma faim parce que les vrais enjeux n'ont pas été abordés. C'est l'immigration avec le test de valeurs qui a monopolisé les débats, y compris l'idée d'évaluer les enseignants au grand dam de la population.

À mon avis, il est pertinent de scruter les vrais sujets qui répondent aux attentes des Québécois, par exemple, l'économie, l'environnement, la santé, l'éducation, la culture.

Une belle soirée !

En tant qu'observateur averti, je déplore que l'environnement n'est pas un enjeur majeur pour la CAQ, le PQ et le PLQ, sauf Québec Solidaire qui en a fait son cheval de bataille. Il est indéniable que la maternelle à 4 ans divise l'opinion, mais je constate avec regret que l'éducation postsecondaire a été oubliée. Quant à la reforme de mode du scrutin, j'ai le sentiment que les quatre chefs ont peu parlé, et aucun chef ne veut soulever un lièvre à la barbe de ses pairs.

Force est de constater que cette campagne n'a pas tenu ses promesses, elle n'a pas été au rendez-vous de l'histoire. Timide au début, la campagne des quatre chefs - Couillard, Legault, Lisée et Massé - fait du surplace. La durée de la campagne de 39 jours présage une intensité des échanges contradictoires et de joutes oratoires. De fil en aiguille, j'assiste à des débats creux et a un manque de souffle comparativement aux élections précédentes.

La vie est belle pour les caquistes ! Ça fait 11 ans qu'ils attendaient cela.

À l'échelle du Québec, j'admets que les chefs rivalisent de promesses électorales à tour de bras, mais ils sont déconnectés de la réalité, de besoins du peuple et pilotent leur campagne à vue. Ils ne m'ont pas fait rêver durant cette campagne. Du coup, je réalise que le désamour de la population à l'égard de la politique soit craint. Pis encore, les déboires pleuvent à l'issue d'une élection qui laisse à désirer. À en croire le taux d'abstention qui illustre cette désaffection politique décriée.

De plus, j'ai constaté tout au long de la campagne que les chefs étaient cyniques avec des propos acrimonieux. Souvent, ils n'élevent pas le débat en multipliant les attaques verbales et ils se jettent la boue constamment. Pour sûr, j'ai déploré une absence de sérénité et un manque d'originalité.

Le PQ et le PLQ sont les grands perdants

En outre, j'ai remarqué qu'un certain nombre de candidats se sont désistés en raison de problèmes éthiques, par exemple Stéphane Le Bouyonnec, Stéphane Laroche ou Guy Leclair. La crédibilité s'est invitée à la campagne, et j'ai souri quand j'ai vu chaque candidat faire valoir son intégrité et sa volonté de changement. En réalité, c'est bonnet blanc et blanc bonnet. Pourquoi ?

Parce qu'au lendemain de la victoire historique de la CAQ, j'assiste à un désenchantement et je lis la déception sur le visage de quelques électeurs qui veulent le changement, mais ils se retrouvent avec un débat sur les signes religieux pour les employés de l'État en position d'autorité (policiers, juges, enseignants). Certes, il est trop tôt de se prononcer sur la gestion gouvernementale caquiste, mais la chose politique commence mal.

Élue malgré une campagne insipide

À la lumière de plusieurs ratés de cette campagne, je suis en mesure d'affirmer avec forme que le bilan de cette campagne est globalement négatif.