Un mandat décisif pour la planète

Comme pour le pendu, les pieds viendront d’abord dans cette histoire. La population québécoise, ou plutôt, moins de 70% de la belle province à voté. C’est l’un de taux les plus bas en 90 ans. Mais ce qu’ils n’ont pas compris, c’est trente quelques pour cent qui n’ont rien voulu savoir d’exercer leur droit de vote, c’est qu’en ne faisant rien, ils ont fait pire.

Les pieds du pendu, c’est devenu la CAQ. Un gouvernement qui n’a pas fait la promotion de l’environnement durant sa campagne, un gouvernement axé sur l’économie, qui répond trop vaguement à des questions primordiales, comme lorsqu’on lui demande quel serait son plan pour atteindre les cibles québécoises de réduction des émissions de gaz à effets de serre de 37,5% par rapport à leur niveau de 1990 d’ici 2030 et qu’une réponse indigne d’un premier ministre, jailli. Une réponse qui dénote une insouciance impardonnable.

Les futures générations seront extrêmement bouleversées par les changements climatiques engendrés. Avec le rapport du GIEC sorti cette fin de semaine, espérons, du plus profond de nos jeunes coeurs que les pieds penseront avec leur tête.
Cette élection québécoise est empreinte d’un désir de changement profond. Désormais, à l’axe fédéraliste-indépendantiste s’ajoutait l’axe gauche-droite, d’où naquirent les nouveaux partis prêts à combattre pour détrôner les anciens. Comme de fait, le parti québécois naguère porteur d’un rêve indépendant et enivrant la jeune population, a été vaincu. Québec Solidaire est passé de parti marginal à un parti d’opposition officiel. Les jeunes sont revenus à la charge avec leurs rêves et leurs projets, et on fait de QS le nouveau projet québécois. Même si le parti n’a remporté que 10 sièges à l’Assemblée nationale, il témoigne tout de même d’une montée extraordinaire et inattendue.

Toutefois, c’est le résultat de la course qui n’est pas étonnant. Déjà en début de campagne, la CAQ détenait de l’avance dans les sondages. Selon l’avis de plusieurs, la Coalition avenir Québec était le seul parti capable de destituer le parti libéral et c'est pour cette raison qu’il allait prendre le pouvoir. Le 29 aout dernier, 41% des Québécois croyaient qu’un gouvernement majoritaire serait possible. Ils ont bien vu. Le nouveau gouvernement élu l’est effectivement devenu en remportant 74 sièges. Pour les amoureux péquistes, le choc fut puissant. Avec 9 sièges à l’Assemblée nationale, nous sommes loin de construire un pays. D’ailleurs plus d’un aura soulevé le manque de ligne directrice pour l’élection puisque pour la première fois depuis 1960, le Parti Québécois a évacué l’idée de la souveraineté de son plan.

La course nous laisse avec un pendu redoutable, un parti révolutionnaire et la démission de deux chefs : Jean-François Lisée et Philippe Couillard.  Futurs dirigeants, nous comptons sur vous. La planète change, les animaux disparaissent, les gens décèdent. Si vous ne faites pas votre travail, nous périrons à vu d’oeil. Vous gouvernerez lors d’un mandat décisif pour l’avenir. Bonne chance.