Ode au changement

Le Québec criait au changement.

Le Québec a fait un choix.

Le Québec a finalement voté pour « le changement ».

Le fameux changement signé la Coalition Avenir Québec. Pourtant, le résultat des élections ne change pas grand-chose pour le futur du Québec à mon avis. C’est du pareil au même. C’est quand même la droite qui s’en sort. La droite chez qui on a les mêmes priorités, en fait la même priorité : l’argent. Que ce soit en santé, en éducation, en transport, l’argent est resté le protagoniste de cette élections provinciale.

Le déjà-vu « déguisé » en changement, c’est du pareil au même, non ?

Mais, les gens veulent du changement...

On réinvente le pâté-chinois en le présentant un peu plus « tendance », un peu plus « nouveau », mais on te le sert dans une assiette bleue plutôt que rouge. Entre vous et moi, c’est pas mal la même chose. C’est seulement présenté différemment.  

Le même steak haché.

Le même blé d’inde.

Les mêmes patates.

La même chose.

Il est où le changement alors ?

Bien que le rouge soit out au Québec, la planète, elle, reste dans le rouge.

Bon…

Sortez vos violons et vos mouchoirs, parce que je vais être la personne de plus qui va encore parler de la fragilité de notre planète. Je crois que la priorité de la prochaine décennie, c’est l’environnement. On prend trop tout pour acquis. L’humain prend pour acquis ce que la nature lui donne. On a massacré la couche d’ozone. On l’a aidé un peu, on l’a repatché, mais encore…

On a changé le mal de place.

Collectivement, on ne fait pas grand-chose pour réduire notre émission de gaz à effet de serre. On consomme, on « reconsomme » et « déconsomme » parce qu’on se tanne. On achète pis on jette. Plastique, pétrole, encore du pareil au même. À notre défense, on fait quand même des efforts : sacs de coton qui substituent ceux en plastique, végétarisme, végétalisme, brosses à dent en bambou, pailles en métal, en verre ou même en fibre végétale, nomme-les tous. On fait des efforts et on trouve tous chaussure à notre pied pour aider l’environnement à notre façon. Mais reste que l’humain a rendu la planète fragile et il faudrait bientôt faire quelque chose. La Terre se réchauffe et va bientôt se fâcher si on ne réagit pas éventuellement.

Ce n’est pas un mythe tout ça.

Je vulgarise seulement les résultats plus qu’alarmant du rapport de 728 pages que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, a diffusé tout récemment. Selon les 91 auteurs et les 6000 sources citées dans ce rapport, il faudrait agir en fonction limiter le réchauffement climatique de 1,5 o C pour éviter le pire. Mais, c’est bien beau tout ça, on regarde ça et on se dit que c’est faisable. Mais non, la barre du +1,5 °C pourrait être franchie dès 2030.

15 ans. Voire même seulement 10 ans. C’est tout ce qui nous reste pour agir.

Le Québec a fait un choix.

Le Québec a voté pour le changement.

Le fameux changement signé la Coalition Avenir Québec.

Le vrai changement aurait été de faire la promotion de nouvelles idées. De réinventer un peu la politique en promouvant des idées plus actuelles. Par chance, Québec Solidaire l’a fait et a eu l'effet d'un baume sur le mal du siècle. C’est rassurant que l’environnement est au cœur des priorités de certains.

C’est naïf de penser que l’environnement passe exclusivement par le gouvernement. Oui c’est vrai, mais c’est tout aussi naïf de penser le contraire. Il est évident qu’il faut faire des efforts individuels et collectifs, mais encore faut-il que les dirigeants prennent en considération les signaux que la terre envoie et qu’ils axent plus leur politique sur les enjeux prioritaires.

Le Québec a fait un choix.

Est-ce le bon ?

Pour bien citer notre premier ministre, « on verra » !

Caricature de l'artiste Pascal présenté dans Le Devoir le 9 octobre dernier.