Nouveau chef, nouveau parti, nouveau Québec?

Le changement a été un élément clé de la victoire écrasante de la CAQ. Tellement que les médias le comparent à la victoire du Parti Québécois en 1979 avec 71 sièges à l'assemblée et un vote populaire de 41,4%.

Si la CAQ est au pouvoir, c'est parce que les gens voulaient un nouveau parti, un nouveau visage à la tête du Québec. L'identité québécoise, l'immigration, les projets de contruction étaient centraux dans les débats. Ironiquement, l'environnement pourtant un sujet très important, n'a même pas été mentionné de tous les chefs. Les gens se sont assurés du changement imminent. Curieusement, cela a réduit les partis forts établis en miettes (PLQ et PQ), et a remonté les partis plus extrêmes. Un choix fort intéressant, puisque nous entrons fort probablement dans une nouvelle ère de la politique au Québec.  

Malgré tout, la CAQ devra faire attention à certaines de ses décisions. Même s'il est majoritaire, cela ne l'empêche pas de faire des choix judicieux. L'idée de la maternelle à quatre ans devrait être révisée, tout comme son approche à l'immigration et des objets religieux.

Le Libéral assiégé

Malgré avoir gagné dans son comté, le parti Libéral du Québec reçoit une défaite monumentale.

Le Parti Libéral du Québec s'est fait détrôner de ses 15 ans (environ) au pouvoir. Les seules circonscriptions qui ont gagnées sont celles anglophones. D'ailleurs, l'idée à Couillard de subsister avec 75$ d'épicerie par semaine pour une famille de trois personnes n'a pas aidé son cas. Les augmentations faramineuses des médecins ne les a pas aidés non plus.

Québec Solidaire

Manon Massé lors de son discours.

Une remontée spectaculaire de Québec Solidaire. Elle ressort avec plus de sièges que le Parti Québécois. Tout un exploi. Durant la soirée électorale, les portes-paroles ont considéré cette remontée extraordinaire comme une victoire majeure. Par contre, plusieurs critiquent fortement leur plate-forme. Gilles Duceppe, l'ancien chef du Bloc Québécois a mentionné sur Manon Massé:

[qu'il l']accuse notamment d’être souverainiste seulement à temps partiel, de multiplier les volte-face et contradictions, de proposer un programme conçu pour un monde parallèle, et de maîtriser le français aussi mal que l’anglais. - Le Devoir

PQ, ça sera pour une prochaine fois...

Quant au Parti Québécois, il vit une de ses plus grandes défaites de son histoire. Son chef, Jean-François Lisée est le seul des quatre chefs ayant perdu sa circonscription. Un moment pour repenser ses idéologies: une bonne solution. Rendre l'âme, sa meilleure solution:

Pour moi, tout parti politique n'est au fond qu'un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. Mais les partis appelés à durer vieillissent généralement assez mal. Ils ont tendance à se transformer en églises laïques hors desquelles point de salut et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent et c'est l'opportunisme politicien qui les remplace. - René Lévesque

Le seul chef à ne pas être élu dans sa circonscription.

Bref, les élections ont été fort intéressantes cette année. Elle sera déterminante au courant des prochaines années. Qui sait, peut-être que le portrait de la politique québécoise vient de trouver un nouveau berceau.

Résultats des élections selon Élections Québec.

Dominic Boucher

  • St-Lazare