Itinérants, les oubliés des élections 2018.

Cela fait maintenant une semaine que François Legault, chef du parti Coalition Avenir Québec (CAQ) a remporté les élections.

Le soir des résultats, je me trouvais dans un bar avec le Nouveau Parti Démocratique Québécois. Les yeux rivés sur les multiples écrans qui ornaient les murs, je ressentais la pression autour de moi. Petit à petit la couleur bleue (qui représente la CAQ), s’illumine dans plusieurs circonscriptions. Ce que Radio-Canada avait prédit arriva.

Étant française, je n’avais pas réellement encore compris l’impact de ces résultats. J’avais lu leur programme et je m’étais renseigné sur le parti. Les questions d’immigrations et de laïcité avaient suscité un doute chez moi. Mais c’est seulement, lorsque je vis les réactions de mes proches aux alentours, que je compris quelle réalité la majorité du Québec avait choisie. Le lendemain, dans les journaux français, les gros titres assimilaient François Legault à Marine Le Pen, dont la réputation lui précède (candidate du parti d’extrême droite français).

Même si la CAQ a tenté de se distancer de Marine Le Pen, leur projet de loi reste similaire des idées politiques de la présidente du parti Rassemblement National. Interdiction du port des signes religieux, l’obligation à la laïcité aux membres de l’état, baisse du seuil migratoire, voici les thèmes principaux des projets de loi du parti vainqueur des élections. Les idées politiques dans ce sens, ne rassurent pas la population. D’autant plus, que la montée de l’extrême droite ne cesse d’accroître à l’internationale : Donald Trump (USA), Marine Le Pen (France), Jair Bolsonaro (Brésil)…

L’une des préoccupations principales de François Legault est l’immigration. Selon lui, il est préférable de limiter le nombre d’immigrés sur le territoire québécois, afin de mieux s’occuper d’eux. Malgré tout à aucun moment, nous n’avons entendu parler des itinérants. Ce n’est pas seulement la CAQ, aucun parti politique ne s’est inquiéter des sans domiciles fixes (SDF). Ces personnes qui dorment dans la rue, sans logement ou sans moyens de subsistance pour la plupart, ont été délaissées de cette campagne, comme toujours.

La majorité des itinérants se sentent déjà en marge de la société, et aucun parti politique n’a pris la peine de s’intéresser à eux.

Pourquoi?

Parce qu’ils ne rapportent pas d’argent à la société?

Parce qu’ils ne vont pas aller voter?

Peut-être parce qu’ils ne peuvent se reconnaitre dans aucun parti.

Peut-être parce qu’ils ont des préoccupations plus importantes, comme où dormir ce soir.

Qu’en est-il des aides gouvernementales pour les itinérants et les centres?

Je n’ai pas vu dans les programmes politiques québécois, l’initiative d’aider ces personnes dans le besoin. Les sans domiciles fixes qui soient québécois ou étrangers ont des droits. Il s’agit d’une logique humaine. Les partis politiques ont le devoir de s’occuper de toute la population sans exception. Les itinérants sont les oubliés de cette société.

À propos des premières nations, en général, elles avaient le droit à quelques lignes dans un programme qui pouvait faire des pages et des pages.

Par rapport aux enjeux environnementaux, je trouve que les partis politiques jouent de plus en plus le jeu. Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) à récemment publier un rapport qui fait froid dans le dos. Cependant, selon eux il n’est pas trop tard pour sauver la planète. J’espère sincèrement que cet appel au secours sera entendu à l’international.

Mélissa Aubert.