À la prochaine fois?

Je m'étais fait à l'idée : À force de courir partout au centre-ville de Joliette pour couvrir la fin de la campagne électorale, j'allais finir par user mes chaussures.

Hélène Dubé de Rousseau et Judith Sicard de Joliette
Le local de Québec solidaire

Armée de mon celluaire désuet et de mon angoisse légendaire, j’étais prête à me lancer dans une chasse aux images afin de faire frémir mes 350 abonnés Instagram. Curieuse, mon amoureuse m'a suivie lors de mon périple.

Nous nous sommes arrêtées au local de Québec solidaire, situé en plein cœur de la place Bourget. Tout de suite, ma dulcinée a repéré le buffet de fromage, au fond de la salle. Dès lors, je savais que j'allais devoir faire face aux Solidaires seule puisqu’elle s’apprêtait à se perdre dans une mare de lactose.

La soirée venait de commencer et déjà, la toute petite pièce était remplie de militants hilares et de passants curieux sensibles à la cause. Que ce soit des jeunes ou des vieux, tous ces gens étaient unis par le même désir de changement. Ils débattaient ensemble en s’entendant sur une chose : le statu quo devait être détruit.

En l’espace d’une soirée, le gap générationnel semblait avoir disparu pour laisser place à l’espoir de voir émerger un Québec plus juste.

Espoir

Devant mon air perdu, une femme est venue à ma rencontre.

« Ça va? » me demanda-t-elle. Confuse, je lui ai balancé que j'étudiais en journalisme et, emballée, l’inconnue a fait un appel à tous.

Plusieurs personnes sont venues à ma rencontre. J’ai pu échanger quelques mots avec la candidate Solidaire de Joliette Judith Sicard, qui était très fière d’avoir pu rassembler 10,1% des électeurs de son comté. Ce sentiment était aussi partagé par sa collègue Hélène Dubé avec ses 13% d’appuis dans la circonscription de Rousseau.

Ressortie de sa voie lactée, ma prunelle est venue me rejoindre en me tendant une tasse de café. « C’est vraiment beau à voir. » s’émeut-elle. Il nous semblait évident que la victoire n’était pas l’objectif ultime de Québec Solidaire. Les candidats allaient au front afin de faire valoir les convictions du parti, et ce, peu importe l’issue du scrutin.

Chaque victoire accordait une visibilité au mouvement en y octroyant une voix forte. Tous les gains faits par Québec Solidaire provoquaient des cris enjoués dans la salle.

À la fin de notre visite, Québec solidaire avait déjà élu six députés à l’Assemblée nationale. Son visage changeait de minute en minute. De Montréal à Québec, le parti mené par Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois a réussi à rassembler 16,1% des Québécois.

Nous nous sommes regardées, ma copine et moi, convaincues que nous avions assisté à quelque chose de marquant.

En 1968, le Parti Québécois est né des rêves d’un ancien Libéral qui voyait le Québec comme une nation plus grande que nature. En 2018, les souverainistes de Québec solidaire ont commencé à souffler sur les braises d’un projet de société que l’on croyait perdu dans l’oubli.