Taux de participation: la Capitale-Nationale se mobilise pour les élections provinciales

Camille Foisy

Les bureaux de scrutin des circonscriptions de la Capitale-Nationale, telles Charlesbourg, Louis-Hébert et Taschereau, ont été les plus achalandés aujourd'hui.
La population de la ville de Québec s’est mobilisée particulièrement cette année, avec des taux de participation variant entre 26% et 29% à 16h le jour du scrutin. C’est une proportion bien plus élevée qu’à Montréal, où le taux de participation dans la circonscription la plus populaire, Rosemont, se trouvait à 21% à la même heure.

Politologue à l’UQAM, André Lamoureux a affirmé que ce mouvement électoral pourrait avoir un impact sur la désignation du prochain gouvernement. «C’est une région où la CAQ est très forte, ce qui pourrait jouer beaucoup sur les résultats», a-t-il mentionné avant le début du dépouillement des votes.

Le site électoral de prévisions Qc125 rapportait que seules les circonscriptions de Taschereau et Jean-Talon, où le taux de participation est important, échappaient à une avance marquée de la CAQ dans les sondages.

D’après André Lamoureux, ce qui attire les citoyens de la ville de Québec aux urnes est leur tendance à se mobiliser autour de différentes causes. La question du troisième lien, par exemple, stimule le taux de participation des citoyens de la capitale provinciale. Elle divise cependant le vote entre les libéraux et les caquistes, a ajouté M. Lamoureux, puisque le débat entourant la création d’un lien routier entre la ville de Québec et sa banlieue est polarisé.

Les jeunes et les élections
Différentes organisations du Québec ont porté une attention particulière aux votes des 18-24 ans durant cette campagne électorale, puisque ceux-ci représentent le tiers des votes. Élections Québec a lancé une campagne publicitaire visant uniquement cette tranche d’âge, tout comme l’Institut du Nouveau Monde (INM) qui a lancé son programme CiviQc, ayant comme but d’encourager les jeunes à s’impliquer dans la vie politique.

André Lamoureux craignait, quant à lui, un manque d’implication des électeurs, indépendamment de leur groupe d’âge, dans cette campagne. «Les partis se sont comportés comme des courtiers d’assurance, à savoir qui avait le meilleur programme pour l’assurance dentaire, pour le transport public ou pour la protection des ainés». Il explique «qu’il y a beaucoup de gens qui sont désabusés par ce type de campagne, ce qui nourrit un certain cynisme».

C’est ce même cynisme qui caractérise les électeurs de 18 à 24 ans, selon une chercheuse à l’INM, Lena Hübner. Elle mentionne que «l’une des raisons principales pour laquelle les jeunes disent ne pas voter, c’est qu’ils ont l’impression qu’ils ne peuvent rien changer avec leur vote».

L’effet contraire se produirait pour Catherine Dorion, qui a d'ailleurs été élue dans la circonscription de Taschereau, qui attirerait majoritairement le vote des jeunes, d’après Lena Hübner. «Dans les circonscriptions comme Taschereau, [où] la candidate est très proche des citoyens, complète Mme Hübner, les gens ont l’impression de pouvoir changer quelque chose avec leur vote».

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