Rosemont: la lutte serrée du Parti québécois et Québec solidaire

Félix Poncelet-Marsan

Lundi, journée d'élections provinciales, dans la circonscription de Rosemont, les candidats du Parti québécois (PQ) et de Québec solidaire (QS), Jean-François Lisée et Vincent Marissal, s'activaient pour attirer les derniers indécis.

Député de Rosemont-La Petite Patrie depuis 2012 ainsi que chef du PQ, Jean-François Lisée compte bien poursuivre ses activités pour un mandat de plus. Chef de l'opposition officielle ainsi que porte-parole de l'opposition et responsable de la région de l'île de Montréal, de la langue française, des services sociaux et du développement durable; Lisée détient un curriculum politique bien fourni.

Nouveau sur la scène de l'activité politique, Vincent Marissal n'en est pas moins familier. Chroniqueur politique à La Presse de 2003 à 2017, il a fait le pont entre le journalisme et la politique en rejoignant QS cette année. Sa candidature dans Rosemont-La Petite Patrie n'a pas été contestée au sein du parti et sa popularité a augmenté dans la circonscription en fin de campagne.

Si une chose est sûre, c’est que dans Rosemont, tout se joue entre ces deux députés. Selon le site de prévision politiques Qc125.com, en date du 30 septembre, soit la veille des élections, QS et le PQ amassent à eux seuls 60,6% des intentions de vote populaire. Toujours selon ce modèle, la probabilité que QS remporte le scrutin de la circonscription est de 65%, contre 35% pour le PQ.

Avec un tel écart, on pourrait croire que le programme électoral de QS est drastiquement différent de celui du PQ : il semble interpeller et être plus adapté aux besoins des Rosemontois et Rosemontoises. Pourtant, à en croire le débat entre les quatre principaux candidats de Rosemont qui a eu lieu le 11 septembre passé, les programmes et propositions des deux partis sont assez similaires.

Objectifs similaires, intentions opposées
Les méthodes des deux partis pour atteindre leurs objectifs ne sont pas forcément les mêmes, mais les objectifs le sont pour la plupart : la résolution des problèmes dûs à l'engorgement des transports en commun ou causés par la pénurie des salles de classes et des professeurs, l’entretien de la presse, de la culture et des médias locaux, le désir d’atténuer la crise climatique et de repartir le débat sur la souveraineté du Québec.

Si les buts de ces deux partis sont aussi semblables, pourquoi un tel écart des intentions de vote en faveur de QS ? On peut supposer que le comportement de Jean-François Lisée envers Vincent Marissal a pu susciter un élan de sympathie envers ce dernier. M. Lisée n'a pas caché aux médias sa réaction quand il a appris que M. Marissal s'est joint à QS peu après avoir proposé ses services au Parti libéral du Canada (PLC), au poste de conseiller du premier ministre Justin Trudeau. M. Lisée s'est d'ailleurs empressé de rédiger une lettre ouverte où il écrivait que son rival avait « spectaculairement échoué au test de vérité » à ses débuts politiques.

M. Marissal a omis de mentionner son approche au PLC lors de l'annonce de sa candidature pour QS. Il a depuis admis son « manque de clarté » et a affirmé le bien-fondé de ses convictions souverainistes, convictions souvent remises en question par M. Lisée. L'acharnement du chef du PQ contre son principal concurrent – alors que ce dernier ne montrait envers lui au plus que le désaccord – a probablement scellé sa baisse de popularité dans la circonscription. Son insistance à douter de la légitimité de la co-porte-parole de QS Manon Massé, ainsi que son affirmation que QS « manipulait les électeurs », n’a pas semblé améliorer son cas.

Le sort en est jeté, les bureaux de vote ont accueilli leurs électeurs, les bulletins ont été cochés et les boîtes sont remplies. Ceux qui ont accompli leur devoir de citoyen sont rentrés chez eux, retournés au travail ou dans un lieu public, entourés d'autres partisans, à observer les réactions de ces personnalités politiques alors que les résultats sont presque dévoilés. À certains endroits, la tension monte, mais pour la plupart des habitants de Rosemont, le combat est gagné d'avance.

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