L’environnement s’invite dans la campagne électorale

Emma Jaquet


Dans son plan d’action 2013-2020, le gouvernement libéral s’est engagé à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 et de 37,5% d’ici 2050, mais le Québec est en voie de rater cette cible. Les chefs des partis politiques ont mis sur la table leurs engagements afin d’atteindre ou de dépasser cet objectif.

Durant les 39 jours de campagne électorale, il a notamment été question de revoir le service de transport en commun. Sachant que 40% des gaz à effet de serre proviennent de ce secteur, Québec solidaire (QS) s’engage, d’ici 2030, à ce qu’il n’y ait que des véhicules électriques, afin de supprimer les automobiles à essence pour 2050. La candidate de QS dans le circonscription de Borduas, en Montérégie, Annie Borduas, explique qu’il y aura «un système de malus bonus [sic] afin d’augmenter les subventions [pour ceux qui] veulent acheter des voitures électriques et [l’instauration] de taxes supplémentaires pour les acheteurs de voitures à essence». La candidate se veut rassurante : «Ce sera toujours en fonction des régions et du nombre de personnes dans le foyer».

Quant à la Coalition avenir Québec (CAQ), le crédit d’achat de 8 000$ pour une voiture électrique serait maintenu et le parti subventionnerait aussi les bornes électriques pour en ajouter 2 000. Le Parti libéral du Québec (PLQ), mettrait en place un rabais allant jusqu’à 800$ pour l’achat d’une borne électrique à domicile et «augmenterait de 1 000$ le crédit d’achat d’un véhicule électrique, [mais] ça va venir avec le temps», affirme le candidat libéral pour Borduas, Martin Nichols.
De son côté, le Parti québécois (PQ) a annoncé un vaste plan de 7,4 milliards de dollars combinant tramways, trains de banlieue et autobus rapides pour l’île de Montréal, la Rive-Nord et la Rive-Sud afin de réduire de 10% la congestion routière d’ici 2025. Ce projet mettrait fin au réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec, jugé coûteux.

En région
Dans le circonscription de Borduas, plusieurs candidats ont affirmé vouloir augmenter la fréquence des trains. Le candidat du Parti vert pour Borduas et étudiant à l’UQAM, Nicolas Gravel, a soutenu «qu’il fallait expandre le réseau [de train et d’autobus] et avoir des passages plus réguliers. Par exemple, il devrait y avoir un train le midi pour les étudiants qui ont des cours à 14h». Le candidat sortant, Simon Jolin-Barrette de la CAQ est du même avis, mais souhaite aussi élargir les autoroutes 20, 30 et 116 pour favoriser le transport en commun et le covoiturage.

La gratuité des transports en commun fait aussi partie des programmes de différents partis. QS promet de réduire de moitié les tarifs de transport en commun, tandis que le PLQ propose la gratuité pour les étudiants à temps plein et les personnes âgées de 65 ans et plus.

L’environnement : l’enjeu oublié de la campagne
«On parle beaucoup d’environnement dans la campagne électorale, mais c’est arrivé un peu tard, souligne M. Gravel. Entre-temps, les gens se sont conscientisés». Pour la professeure en science de l’environnement à l’UQAM Louise Vandelac, «c’est la première fois que les enjeux environnementaux sont présents durant la campagne. Le Parti québécois et Québec solidaire ont contribué au renouvellement des discours». Elle souligne cependant qu’il faut revoir le budget des partis et le système électoral. «Il y a un problème de compréhension de l’environnement chez les politiciens, mentionne-t-elle. Il faut comprendre pourquoi on est rendu dans cette situation pour pouvoir changer globalement».

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