L'éducation : un enjeu important

Raphaël Delaprée

Maternelle à quatre ans, abolition des commissions scolaires, hausse du salaire des enseignants, élimination des écoles en décrépitude ; les multiples promesses des candidats des principaux partis tentent d’affrioler les électeurs indécis.

La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui souhaite abolir les commissions scolaires, veut aussi offrir la maternelle à quatre ans à tous les enfants du Québec, dans le but de libérer 50 000 places en garderie. Le Parti libéral du Québec (PLQ) veut rendre tous les services éducatifs pour les enfants de quatre ans gratuits et offrir cent nouvelles classes de maternelles à partir de quatre ans en milieu défavorisé. Le Parti québécois (PQ), quant à lui, souhaite accélérer le déploiement du réseau public des centres de la petite enfance (CPE), tandis que Québec solidaire (QS) propose une politique nationale des services éducatifs, gratuits pour les enfants jusqu’à ce qu’ils aient cinq ans.

Le PLQ veut hausser le salaire des enseignants en début de carrière d’environ           8 000$ par année, ce qui est la moindre des choses selon l’enseignante de sciences au secondaire sur la Rive-Sud de Montréal, Eveline Labrie. Elle trouve toutefois qu’une «amélioration significative des conditions de travail [serait déjà mieux que] des augmentations de salaire». La CAQ souhaite également augmenter le salaire des enseignants sans pour autant mettre sur la table un chiffre précis. Elle veut aussi créer des postes de mentors pour baisser le nombre d’élèves en difficultés dans les classes ordinaires. Le PQ propose de réduire le ratio professeur-élève et d’augmenter le personnel professionnel et de soutien, mais n’augmentera pas le salaire des nouveaux professeurs. QS, qui souhaite mettre fin au financement public des écoles privées, veut hausser le salaire des enseignants et diminuer le nombre d’élèves par classe.

«La composition des classes, les infrastructures, les discussions avec le milieu avant la prise de décisions» sont des enjeux peu pris au sérieux, se désole l’enseignante de mathématiques au secondaire, France Labrie. La CAQ prévoit organiser un concours d’architectes pour chaque nouvelle école à bâtir. Le PLQ ambitionne injecter 400 millions de plus par année sur 10 ans pour rénover les écoles du Québec. Le PQ veut assurer le maintien des écoles et des cégeps comme socle des collectivités en province. QS veut investir 1,6 milliard de dollars à la rénovation et à la construction d’écoles au cours des quatre prochaines années. Pour Maé Senécal, étudiante à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), «l’éducation doit être une priorité».

Les droits de scolarité ont beaucoup divisé les quatre principaux partis. «L’implantation de la gratuité demanderait de modifier les modalités d’admission dans les différents programmes afin d’adapter les cohortes à la demande», selon André-Sébastien Aubin, professeur d’éducation et de pédagogie à l’UQAM. La CAQ ne souhaite pas rendre l’université gratuite, contrairement à QS qui table sur la gratuité scolaire, des centres de la petite enfance jusqu’au doctorat. Le PLQ veut freiner la surfacturation du matériel scolaire au primaire et au secondaire, tandis que le PQ souhaite mettre en place la gratuité scolaire pour les moins nantis, mais de manière graduelle.

Crédit photo Wikimedia Commons

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