L'heure est-elle venue de souffler le rouge ?

Les Québécois et Québécoises éliront dans quelques jours les candidats qui ont su représenter leurs valeurs et défendre les enjeux qui les tiennent à cœur. Dans l'arrondissement Mont-Royal-Outremont les citoyens sont solidaires mais inquiets.

La récente fusion des comptés de Mont-Royal et d'Outremont ne semble pas affecter l’orientation politique des citoyens. Selon Qc125, le château fort libéral qu’est la circonscription depuis 1973 ne veut pas déroger à la règle. Ses plus récents chiffres nous exposent l’avance du parti libéral avec près de 60% des voix. C’est avec un maigre 16,4 % que la candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ), Anne-Marie Gagnon, se retrouve en opposante principale au front libéral défendu par Pierre Arcand depuis les quatre derniers mandats.

Commençons par la base

Impossible de ne pas entendre parler de l’accès aux soins dans cette course vers le pouvoir. Du côté de la CAQ, la candidate fait savoir que l’incapacité à accéder à des soins dans Outremont est une grande source de mécontentement pour les citoyens. Sans surprise, Gagnon annonce que le parti propose d’investir dans les soins de premières lignes. Il faut rappeler que le contexte démographique de la circonscription est plutôt binaire. D’une part, l’on observe une population vieillissante, 18% âgée de 65 ans et plus, de l’autre de nombreuses familles où 23 % des enfants sont âgés de moins de quinze ans.

Avec la population vieillissante, le maintien et la bonification des services au point de service d’Outremont est essentiel.

Dans le cœur des citoyens

« Les coupures dans les CPE des dernières années ont mis à mal ces institutions. Il est grand temps d’agir pour protéger ces établissements indispensables au Québec » peut-on lire sur la plateforme numérique du parti Vert.

Parti qui ne fait pas grand échos, mais qui sait rejoindre le coeur des citoyens. Dans Mont-Royal-Outremont, le sort des CPE est un enjeu majeur.  Bianca Champagne, directrice adjointe de la garderie Le Pitchounet, est bien au courant de la problématique. Désormais, plusieurs CPE se verront relocalisés ailleurs dans la circonscription. De nombreuses familles se sont nouvellement établies dans Mont-royal-Outremont et cela crée une surpopulation dans les écoles primaires, d’où l’urgence de trouver de l’espace.

« Les commissions scolaires ont l’obligation d’utiliser tous leurs locaux avant de faire construire d’autres établissements. Étant donné que nous sommes juste des locataires, nous devons trouver d’autres endroits où aller », indique-t-elle.
Centre de la petite enfance qui sera relocalisé à l'été 2019.

Ces futurs déménagements causent une instabilité qui inquiète quelques parents de l’arrondissement et les poussent à choisir d’autres établissements.

L’élection : pas juste pour les humains

Outre ces jeunes poupons qui font tanguer nos coeurs, d’autres êtres nous charment tout autant. Il s’agit de nos amis les animaux. Cela peut paraître banal dans un contexte électoral d’envergure, mais les chiffres disent le contraire.

« Sept Québécois et Québécoises sur dix s’attendent à ce que leur futur gouvernement adopte des mesures législatives et des politiques en vue d’assurer le bien-être des animaux du Québec », explique Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux à la SPCA de Montréal, dans le sondage mené par la SPCA en juillet 2017.

La SPCA avait bien demandé aux partis de se positionner quant à cette réaction de la population. Toutefois, la question n’a que peu été soulevée, tant dans les promesses de partis que chez les candidats locaux. Le chargé des communications de la mairie d’arrondissement Sylvain Leclerc a également mentionné l’importance du parc canin d’Outremont pour  les propriétaires.

40% des usagers du parc canin d'Outremont viennent de circonscriptions voisines.
« C’est un enjeu très local, mais majeur dans la circonscription », déclare-t-il.

La ville prévoit relocaliser ou amputer le parc en raison du développement du vaste projet de « campus urbain » de l'Université de Montréal. Cela a créé la colère chez les propriétaires qui fréquentent ce grand parc depuis une vingtaine d’années.

Aurélie Cosandey-Godin, la présidente par intérim de l’association du parc canin d’Outremont (APCO), décrit le problème.

«  Le parc est une initiative citoyenne importante et sa délocalisation entrainerait la perte d’efforts acharnés pour fournir un parc de qualité. »

Entendu par La Presse et la SPCA les citoyens font avancer leur cause. Espérons que les candidats caquiste et vert sauront entendre ce cri collectif.

Grosse face accompagnée du candidat Vert