L'environnement: un enjeu plus que primordial

Des terres agricoles dans les régions de Mirabel sont touchées par des enfouissements illégaux de déchets. Cette situation touche la population, mais également les dirigeants des villes.

La circonscription de Mirabel comprend plusieurs villes dont : Kanesatake, Oka, Pointe-Calumet, Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Saint-Joseph-du-Lac et Saint-Placide et elle oppose plusieurs partis. Denise Beaudoin est en tête du Parti Québécois et elle a représenté la circonscription de Mirabel de 2008 à 2014. Pour elle, il est urgent de bonifier l’offre des services en soins de santé dans la circonscription puisqu’elle les juge insuffisants. Elle aimerait en effet augmenter les heures d’ouverture et l’accès aux médecins dans les cliniques médicales puisque selon elle, cela désengorgerait les urgences. Elle voudrait également avoir plus de services médicaux dans les régions plus éloignées comme Oka ou Saint-Placide.

Son adversaire, Mme Sylvie D’Amours, est pour sa part, députée de la circonscription de Mirabel depuis les élections de 2014 pour la Coalition Avenir Québec. Elle est porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation et en matière de tourisme. Habitant à Saint-Joseph-du-Lac, les difficultés de la ville la préoccupent beaucoup.

Benoit Proulx, maire de Saint-Joseph-du-Lac depuis 5 ans affirme qu’il y a plusieurs enjeux dans la petite ville de 6 500 habitants et composée de 65 à 70% de terres agricoles. « L’enjeu qui me préoccupe le plus c’est le côté environnemental et le manque de ressources qu’il peut y avoir dans certains ministères ou dans la commission de la protection du territoire agricole du Québec. », affirme-t-il. Il explique que depuis quelques années, il y a un fléau au Québec par rapport à l’enfouissement illégal sur les terres agricoles. « On n’est pas à l’abri de cela, on en est même victime », affirme-t-il. Plusieurs sortes de matériaux ont été découvertes lors de l’échantillonnage des sols suite à la découverte d’enfouissements de déchets sur certaines d'entre elles. Le directeur général de la ville de Saint-Joseph-du-Lac, Stéphanie Giguère, affirme qu'il y a deux sites dans la ville auxquelles des activités d'enfouissements ont été observées.

Cette problématique est un enjeu important pour plusieurs municipalités dans le grand Montréal. « C'est un problème qui a commencé à être observé à la fin de l'année 2016 et qui continue à prendre de l'ampleur. C'est préoccupant puisque cela peut être source de pollution et compromettre automatiquement le développement agricole. », affirme M. Giguère.

Des citoyens dans la crainte

« Il y a des citoyens drôlement inquiets que la nappe phréatique soit affectée et que leur puits d’eau potable ne devienne plus utilisable. », affirme le maire. Le directeur général explique qu'ils étaient inquiets pour la qualité de l'eau potable, mais des prélèvements ont été faits à partir de plusieurs points, dont des résidences. «Avec les résultats actuels, nous n'avons pas à nous inquiéter. Cependant, il faut maintenir une veille régulière sur la qualité de l'eau potable. », explique-t-il.

Le maire dit ne pas avoir les ressources pour se battre s’il n’a pas l’aide de différents ministères ou d'organisations. Il y a plusieurs enquêtes faites par la Sûreté du Québec qui ont été déposées à la directrice des poursuites criminelles et pénales, mais qu'ils ne peuvent pas porter d’accusations puisque les lois au Québec ne sont pas assez rigides. « C’est quelque chose au cours de la campagne électorale que j’aurais aimé qu’on parle davantage. »affirme celui-ci.

Principal moteur économique : l’agrotourisme

« On veut faire parler de nous pour les bonnes raisons. Je veux faire attention à ce que j’ai à protéger, et l’agrotourisme en fait partie. », affirme M. Proulx. Vergers, érablière, vignobles, fromageries, chocolateries sont toutes des entreprises locales que le maire veut maintenir en qualité. « La condition des sols et de l’eau est donc primordiale pour assurer de la qualité de ces terres. », explique-t-il.

« J'ai sensibilisé la députée actuelle, Sylvie D'Amours, et elle s'en fait la porte-parole présentement à Québec, mais j'ai l'impression que les choses ne bougent pas assez rapidement. », affirme le maire, qui souhaite que cette problématique se règle rapidement.