Le comté de Chambly divisé entre la CAQ et le PQ.

À Chambly, bien qu’il y ait 4 partis qui s’affrontent durant la présente campagne électorale, tous les regards semblent tournés vers le candidat sortant Jean-François Roberge qui tentera de creuser son avance face à Christian Picard, du Parti québécois.

Aux dernières élections, la Coalition avenir Québec n’avait obtenu qu’une majorité de 408 voix, dans un contexte de migration progressive du vote souverainiste du PQ vers la CAQ.

Une avance aussi mince est en partie due à la présence d’une forte base de soutien indépendantiste à Chambly. Le PQ y a été au pouvoir plusieurs mandats d’affilés, notamment durant ceux de l’ancienne ministre Louise Beaudoin de 1994 à 2003 ainsi que de Bertrand St-Arnaud de 2008 à 2014.

Au palier fédéral, le Bloc québécois y a été au pouvoir sans interruption de 1993 jusqu’à la vague orange de 2011, ce qui démontre tout de même les couleurs politiques de ce comté montérégien.

Le fort de Chambly, symbole emblématique de la ville.

Afin de courtiser une partie de l’électorat souverainiste, Jean-François Roberge de la CAQ préfère ne pas se positionner sur la question référendaire, définissant plutôt son parti comme étant en dehors du débat indépendantiste. « Nous ne sommes pas un parti idéologique. Nous cherchons à avoir les meilleures idées aux problèmes actuels. Nous sommes en mode solution », pouvait-on lire dans les pages du journal Chambly Matin, à la suite d’un débat entre les candidats de la circonscription le 6 septembre dernier.

Au niveau des enjeux sur lesquels les candidats se talonnent, l’agrandissement de l’école secondaire de Chambly pour faire face à la récente progression démographique de la ville, prend beaucoup de place. Alors que la demande a été refusée par les libéraux, Jean-François Roberge a annoncé qu’en cas de gouvernement caquiste, le projet irait de l’avant dès le premier mandat.  

L'école secondaire de Chambly qui offre des classes de secondaire 1,2 et 3.

Son adversaire péquiste a aussi affirmé, lors de la dernière rencontre publique de la commission scolaire des patriotes, qu’un gouvernement du Parti québécois agrandirait l’école pour permettre l’ajout de classes de secondaire 4 et 5. Cette proposition a été confirmée par Jean-François Lisée lors de sa visite dans le comté de Chambly au début du mois.  


Un deuxième enjeux sur lequel les deux candidats s’entendent, c’est d’annuler la récente délocalisation des services de sans rendez-vous du CLSC de Richelieu. Dans une manifestation organisée par les militants du Parti québécois, le candidat Christian Picard a réitéré sa volonté de réinstaurer et de bonifier les services de proximité au CLSC de Richelieu. Son adversaire Jean-François Roberge y était aussi, pour défendre cette idée partagée par les deux partis.  

Le candidat du Parti Québécois dans Chambly, Christian Picard.



Le membre de l'exécutif du Parti Québécois dans le comté de Chambly, Nathan Neveu, nous expliquait à quel point la lutte était féroce entre les deux: «Il est clair que Jean-Francois Roberge veut courtiser notre électorat. À presque chaque proposition de notre candidat, M.Roberge vient poser devant la caméra en appuyant l’idée. Il veut faire croire que voter CAQ, c’est du pareil au même, alors que c’est totalement faux».

Bien qu’ils se rejoignent sur plusieurs aspect, les propositions des deux partis divergent notamment sur la question des transports, alors que le PQ est contre l’idée du REM qui selon eux ne répond pas aux besoins des citoyens.