Saint-Laurent en manque de soutien

Si l’île de Montréal est reconnue pour sa diversité culturelle, c’est en grande partie à cause de l’arrondissement de Saint-Laurent. Les citoyens de la circonscription, issus à 54% de l’immigration, éliront le premier octobre prochain un député qui aura des défis considérables devant lui. D’entre eux, le plus important est probablement le manque d’installations pour supporter les nombreuses familles.

Étant la circonscription québécoise où les familles sont les plus populeuses, Saint-Laurent comptait 90 275 habitants en 2016. Cette même année, 2815 familles avaient au moins trois enfants et 1500 de ces enfants vivaient sous le seuil de la pauvreté. Le taux de chômage, pratiquement deux fois plus élevé que celui de la moyenne québécoise, y est à 10,3% au moment même. Les défis pour accommoder cette population sont de taille.

Des femmes immigrantes se rassemblant au parc accompagnées de leurs enfants

«Il y a présentement énormément de besoins à Saint-Laurent», raconte Marie Agnès Lebreton, directrice générale de la Maison des familles. L’organisme communautaire a pour mission d’offrir un «milieu de vie et un lieu d’épanouissement affectif, social, physique et intellectuel aux parents et à leurs enfants» depuis 2009.

Un atelier mères-enfants à la Maison des familles

«On ne fournit pas, il y a trop de demande», affirme-t-elle en citant comme exemple la vague de réfugiés syriens qui avait poussé l’organisme à demander de l’aide aux centres communautaires de Côte-des-Neiges. «Il n’y a pas assez d’organismes à Saint-Laurent pour nous prêter main forte, et les subventions sont si dures à obtenir que nous sommes constamment en état de précarité financière», résume-t-elle navrée.  

Le Centre d’Accueil et de Référence sociale et économique aux immigrants (CARI) est un autre organisme de Saint-Laurent qui offre de nombreux services afin de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants. L’an passé, l’organisation a ouvert les portes à plus de 8000 personnes immigrantes.

Le CARI a effectué plus de 52 000 interventions en 2017

«Je crois que les difficultés d’emploi sont notre plus grand défi. C’est paradoxal puisque le parc industriel est juste à côté», témoigne Nacer Izza, un habitué du service communautaire qui travaille au CARI depuis deux ans. L’homme originaire d’Algérie qui a lui-même profité du service communautaire montréalais il y a 20 ans insiste sur la nécessité de celui-ci à Saint-Laurent. «Les immigrants, et c’est encore plus vrai pour les réfugiés, arrivent ici dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie. Ils veulent travailler, seulement, ce n’est pas toujours aussi facile. Ils ont besoin d’encadrement», explique-t-il.

Historiquement, les députés de la circonscription ont toujours été libéraux, le dernier étant l’actuel leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier. N’ayant pas renouvelé sa candidature pour les élections d’octobre, c’est la fiscaliste Marwah Rizqy qui prend sa place : elle est favorite. La candidate libérale se présente, entre autres, contre Elias Dib Nicolas du Parti québécois, Marie Josèphe Pigeon de Québec solidaire, le caquiste Marc Baaklini et le conservateur Guy Morissette.

Le journaliste sous son plus beau jour
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Xavier Moffet Bourassa

Digne représentant du 4ème pouvoir