Saint-Henri-Sainte-Anne : l'accessibilité, enjeu phare des provinciales

Dans la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne, la majorité des habitants n'ont pas accès à des logements et commerces abordables ainsi qu'aux services de santé et d'éducation. Un enjeu fondamental des élections générales d'octobre 2018.

Sous l'effet de la gentrification, ces vingt dernières années, les condominiums de luxe ont remplacé presque toutes les vieilles usines à Saint-Henri-Sainte-Anne. Les loyers ont considérablement augmenté, et les seuls commerces et services qui ouvrent désormais dans la circonscription s'adressent aux ménages les plus riches, laissant de côté une grande partie de la population.

« Tous les trois mois je vois apparaître une nouvelle place de tacos à Saint-Henri, mais aucune épicerie, Postes Canada ou pharmacie n'ouvre. Pourtant, c'est de ces services-là dont on a besoin. » soutient Olivier Prud'homme-Richard, organisateur communautaire du P.O.P.I.R - Comité Logement.

Dans le quartier multi-ethnique de la Petite-Bourgogne, les habitants de la plus grosse concentration en habitations en loyers modiques (HLM) du Canada font face à une hausse du nombre de ménages aux revenus supérieurs à 150 000 dollars par année.

Nouveaux condominiums de luxe à Saint-Henri-Sainte-Anne 

Outre les disparités sociales et le manque d'accès aux commerces, le quartier souffre d'une pénurie dans le domaine de la santé. Depuis la fermeture du Centre local de services communautaires, il n'y a plus de médecin, ni de clinique dans la Petite-Bourgogne. « Les malades doivent aller jusqu'à Saint-Henri pour se faire soigner, si leur état le leur permet », s'indigne le coordonnateur de la Coalition de la Petite-Bourgogne Vicente Pérez.

La chasse gardée des libéraux

Le Parti libéral du Québec est à la tête de Saint-Henri-Sainte-Anne depuis la création de la circonscription en 1994. Si le bilan dressé est mitigé, la députée sortante Dominique Anglade se place toujours en tête des sondages des élections générales du 1er octobre 2018, avec 40,8% des intentions de vote (contre 38,6% aux élections partielles de 2015).

Sylvie Hamel à la Coalition avenir Québec semblerait être sa principale adversaire, avec 19.6% des intentions de vote, alors que son prédécesseur  n'avait obtenu que 5.2% des voix en 2015. Derrière elle, Benoit Racette de Québec solidaire et le Parti québécois de Dieudonné Ella Oyono, avec respectivement 16,4% et 14,9% des votes.

Les trois candidats placent l'accès aux logements en priorité. Sylvie Hamel soutient même le projet « A nous la Malting !» des organismes communautaire pour reconvertir la dernière usine abandonnée à Saint-Henri en logements sociaux et non pas en condominiums.

Dominique Anglade, elle, cible davantage son programme sur l'éducation. Elle projette notamment de créer une école à Griffintown, dans la circonscription où le taux de décrochage scolaire atteint 18,6%.

Gentrification le long du Canal Lachine 
Construction de condominiums à Saint-Henri-Sainte-Anne 
Egoportrait dans la circonscription (oui oui, j'y étais)