Mercier : Les commerçants locaux au cœur de l’enjeu électoral

Alors que les plus récents sondages tendent tous vers une victoire écrasante de Québec Solidaire dans Mercier, la campagne bat son plein pour les quatre candidates principales qui s’affrontent pour briguer le siège d’Amir Khadir, député sortant. Plusieurs enjeux sont au programme, dans un secteur où les commerçants subissent le contrecoup d’un embourgeoisement qui leur permettait autrefois de fructifier.  

Un des thèmes qui accaparera sans doute la prochaine députée élue dans la circonscription sera lié au parc locatif. Avec la popularité du secteur, le prix des loyers est en augmentation constante, un phénomène qui devient un enjeu pour le commerce local.  « Pour les locataires normaux, il y a la régie du logement qui les protège. Ça n’existe pas au commercial. Un commerçant avec un bail de cinq ans qui paye 6000 $ par mois, au renouvellement le propriétaire peut décider que ce n’est plus 6000 $, c’est 10 000 $. Le commerçant n’a aucun recours, il signe ou il s’en va » dénonce Claude Rainville,  Directeur général de la Société de développement commercial de l’avenue du Mont-Royal. Pour le constater, il suffit de déambuler dans les rues du Plateau-Mont-Royal, un quartier prisé par les commerçants qui affiche pourtant beaucoup de locaux vacants, vestiges de boutiques fermées par les entrepreneurs en réaction à des loyers trop élevés et des profits siphonnés par les magasins à grande surface et la vente en ligne.

Les hausses de loyer abusives poussent certaines boutiques locales à fermer leurs portes. | Martin Ouellet-Diotte

La ville de Montréal désire pallier cette problématique, un projet qui nécessitera l’implication de la future députée provinciale. « On réfléchit à un meilleur encadrement des loyers commerciaux. Il y a beaucoup de propriétaires qui ne louent pas leur commerce, on soupçonne que ce soit pour des raisons fiscales et on a besoin de l’aide de Québec pour nous aider à travailler sur un meilleur encadrement des baux commerciaux », explique Maeva Vilain, conseillère d'arrondissement pour le district Jeanne-Mance.

Claude Rainville estime que les élus devront aussi s’assurer de mieux comprendre la réalité des commerçants locaux, dans un contexte où le numérique et les boutiques en ligne ne cessent de prendre de l’importance. « En 2018 ne pas être présent sur le web, c’est comme un commerce en 1990 qui n’aurait pas de téléphone », résume-t-il.

Les chaînes commerciales offrant des commandes en ligne livrent une compétition féroce aux plus petits commerçants. | Martin Ouellet-Diotte

Ruba Ghazal est le visage de Québec solidaire (QS) pour cette campagne, portant avec elle une forte expérience de travail en entreprise, elle se frotte à Gabrielle Collu du Parti libéral du Québec (PLQ), Michelle Blanc du Parti Québécois (PQ) et Johanne Gagné de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Avec environ 49% des intentions de vote selon les sondages les plus récents, QS laisse loin derrière les autres principaux partis qui en recueillent respectivement de 14 à 17%. Un bastion pour le jeune parti indépendantiste, la circonscription semble donc maintenir la tendance, un pronostic qui n’étonne pas Maeva Vilain : « Je pense que les gens de notre quartier sont très préoccupés par un meilleur système de santé, des meilleures écoles, ils sont conscients de l’importance des infrastructures collectives et se préoccupent de l’environnement. Amir Khadir a aussi fait un bon travail et cela s’inscrit dans la longue histoire du plateau qui a toujours été l’une des circonscriptions les plus progressistes du Québec, voire même du Canada.  »


Sur le terrain.