Lutte à la pauvreté dans Laurier-Dorion

À quelques semaines des élections provinciales, le sort de la circonscription Laurier-Dorion est encore improbable. Selon les plus récents sondages sur la plateforme web QC125, le candidat libéral George Tsantrizos, qui a récolté 33,3% des intentions de vote, ne devance que par 0,7% son adversaire Andres Fontecilla de Québec Solidaire, qui peut se targuer d’une projection de 32,6%. Loin derrière, la péquiste Marie-Aline Vadius et le caquiste Simon Langelier occupent 15,1% et 14,1% des intentions de vote. Plusieurs problématiques sont au menu, mais c’est la lutte à la pauvreté qui occupe la place la plus importante dans les discussions électorales du comté.

Source : http://qc125.com/carte.htm 

Pour la conseillère budgétaire de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) du nord de Montréal, Émilie Laurin-Dansereau, la population de Parc-Extension et de Villeray s’appauvrit et la situation ne s’améliore pas d’année en année. « C’est une roue qui tourne et qui ne s’arrête pas. Les assistés sociaux s’endettent parce qu’ils n’ont pas assez de revenus pour se payer un logement bien isolé, du transport en commun, des médicaments et de la nourriture saine », se désole-t-elle.

Mme Laurin-Dansereau souligne que l’élément le plus nocif dans ce cercle vicieux reste la hausse de 1,1% des tarifs d’électricité pour les résidents, annoncée par Hydro-Québec au printemps dernier. « L’électricité est un bien essentiel. Les compagnies ne vivent pas de hausse alors que les particuliers le sont eux, et les gens dans le besoin ne vivent pas dans des logements isolés convenablement », explique-t-elle. Elle pense que la première étape serait que le prochain gouvernement en place négocie avec la société d’État un plafond pour que les plus pauvres cessent de payer « des sommes épouvantables » en chauffage l’hiver.

Des chiffres qui font froid dans le dos

D’après les données du recensement canadien de 2016 (Statistiques Canada), sur 35 580 ménages, 16 130 (45,3%) avaient un revenu total inférieur à 40 000$. Mais le montant auquel les personnes assistées socialement ont droit est nettement inférieur à ce chiffre.

Source : http://jhroy.ca/2018/12.html 

La coordonnatrice pour la défense des droits des personnes assistées sociales du Bureau de ressources des assistés sociaux (BRAS) de Villeray, Lorraine De Montigny, est d’avis que « les sous avec lesquels les gens doivent se débrouiller à chaque mois sont des peanuts. » Rencontrée à son bureau à l’intersection Châteaubriand et Villeray, elle sort un dossier qui détermine, selon le profil de la personne dans le besoin, à combien d’argent elle a droit. « C’est pas avec 648 dollars par mois que tu peux te payer un logement décent et une épicerie, déplore-t-elle. Si on fait le calcul, c’est avec un peu moins de 8 000 dollars par an que ce monde-là vit ! »

Une manifestation organisée par le Comité citoyen de Parc-Extension et CND avait lieu le 5 mai 2018 pour signifier leur mécontentement face aux hausses tarifaires d'Hydro-Québec. http://comitedactionparcex.org/?p=999 

Des HLM et un salaire minimum à 15$

De son côté, la gestionnaire de projets et responsable de la sécurité alimentaire de la Corporation de développement communautaire (CDC) Solidarités Villeray, Mme Carole Mayer, qui est consternée devant l’inaction des gouvernements québécois depuis les années 1990. « Ça fait depuis 1987 qu’il n’y a pas eu de nouveau HLM [Habitation à loyer modique] de construit dans le quartier. »

Selon Mme Mayer, une solution aux problèmes financiers de la population de Laurier-Dorion serait d’accéder à un salaire minimum à 15 dollars. « C’est tout de suite, que ça prend ça. Pas dans cinq ans, s’exclame-t-elle. Ça règlerait tout ! On le voit très bien au comptoir alimentaire, dès que les gens ont un peu d’argent, ils ne reviennent pas. »

Parmi les promesses électorales du candidat de Québec Solidaire Andres Fontecilla, celles d’une lutte chevronnée pour l’obtention d’un salaire minimum à 15$ et de la construction d’habitations à prix modiques dans sa circonscription en font partie. « M. Fontecilla est un ancien collègue de la table de concertation du CDC, il connaît le quartier et il comprend les besoins des plus démunis », assure Mme Mayer. Elle croise les doigts pour qu’un vent de changement orange souffle sur Laurier-Dorion.

Habile disposition d'une possibilité de virage à droite et d'un feu vert, très encourageant pour M. Langelier, candidat caquiste dans Laurier-Dorion. #meslunettessontcroches