L'embourgeoisement et l’éducation : principaux enjeux dans la circonscription Gouin

Par Audrey Bonaque

L’augmentation de la population engendre une urbanisation de plus en plus concentrée et c’est ce qu’expérimente Gouin présentement. Les candidats pour les élections provinciales seront-ils à la hauteur des nouveaux défis qui divisent ses habitants ?

La construction s’est installée depuis quelques mois dans cette partie populaire de la ville située dans la Petite Italie entre Laurier et Rosemont. Après la Plaza Saint Hubert, c’est au tour du marché Jean Talon à s’habituer aux changements opérés dans le quartier. Des familles, des couples et des colocations sont de plus en plus nombreux. En  effet, selon Statistiques Canada, en 2016 il y avait 61 510 habitants dans Gouin dont environ 32% d’entre eux ont entre 30 et 44 ans.

Construction au Marché Jean Talon par Audrey Bonaque

La gentrification est un enjeu actuel, car les loyers augmentent et les commerces déjà présents se préoccupent des nouveaux changements comme le marché Jean Talon . « Il y a beaucoup de personnes qui s’inquiètent que le marché soit transformé en condominium et aussi que le quartier en entier soit changé pour plus d’habitations », explique Grace, commerçante au marché Jean Talon.

Aussi, en s’embourgeoisant, Gouin attire de plus en plus de populations diverses comme des français, des anglophones. « Grâce à cette diversité, il y a eu une amélioration au niveau de l’urbanisation mais la plupart ne sont pas respectueux et il n’y a plus d’entraide entre voisins et de vie de quartier » affirme Luciano Luzzeti, propriétaire du Café LL depuis plus de 50 ans. Des nouveaux petits cafés, des restaurants et des habitations illustrent les changements concrets. Pourtant, des problèmes publiques comme les égouts bouchés prennent plus longtemps à être réglé. « On paye nos taxes et à côté, il n’y a rien. Les jeunes comme Gabriel Nadeau-Dubois pensent qu’ils vont faire changer les choses mais on est toujours dans la misère. Le gouvernement veut juste notre argent pour investir ailleurs »,  s’indigne l’italien.

Des logements à perte de vue par Audrey Bonaque

La surpopulation des écoles

Un autre enjeu important est le problème des écoles qui sont peu nombreuses contrairement au nombre de logements qui est en constante hausse. C’est ce qu’évoque la jeune mère et travailleuse Grace qui espère que Québec solidaire sera gagnant aux élections.  « Les écoles et les commissions scolaires sont surchargées. Ils ferment les bibliothèques, certaines classes comme les arts plastiques, car ils n’ont pas assez d’argent. On préfère donner 50 sous de plus pour les écoles privées et 50 sous de moins pour les écoles publiques », confirme-t-elle. D’après elle, Québec solidaire est le seul parti qui a pris le temps de visiter les écoles et de parler aux enfants.

Effectivement, le candidat Gabriel Nadeau-Dubois, élu aux dernières élections partielles en 2017, est le grand favori dans ces élections et arrive premier dans tous les sondages pour Gouin. Rappelons que Québec Solidaire a gagné à 50% les dernières élections en 2014 avec le candidat François Davis.  

Cette année, il y a six candidatures pour cette circonscription. Le Parti québécois est représenté par Olivier Gignac. La Coalition avenir Québec avec l’équipe de François Legault a désigné Arianne Lebel comme candidate. Alessandra Lubrina incarne le Parti libéral du Québec. Aussi, Samuel Racine représente le parti conservateur et le parti vert a choisi la candidate Alice Sécheresse.