Joliette : Là où les "Bleus" croisent le fer

Depuis quelques semaines, la circonscription de Joliette est divisée en plusieurs teintes de bleu. Les nouvelles couleurs amenées par le candidat caquiste François St-Louis contrastent avec celles de Véronique Hivon, députée sortante et vice cheffe du Parti Québécois, venant affaiblir la position péquiste solidifiée par 10 ans de règne.

Le candidat caquiste François St-Louis
La députée sortante Véronique Hivon

Considérée comme la « capitale économique » du nord de Lanaudière, la ville de Joliette s’est longtemps élevée comme une barricade péquiste. La question nationale a toujours touché ses électeurs, les poussant, à quelques exceptions près, à élire exclusivement des candidats du Parti Québécois depuis des décennies. « Depuis 1976, aucun candidat libéral n’a gagné les élections à Joliette. » explique Louis Cornellier, enseignant en journalisme au Cégep de Joliette.  

La popularité de Véronique Hivon a permis au parti indépendantiste de dominer le paysage politique joliettain. Presque inconnue lorsqu’elle est arrivée au pouvoir en 2008, la politicienne a su gagner le respect de ses concitoyens en menant à terme l’épineux dossier sur l’aide médicale à mourir.

Or, la vague de mécontentement qu’a soulevé le gouvernement Libéral a frappé Joliette de plein fouet, amenant certains électeurs à délaisser les enjeux liés à la souveraineté de la province. « Pour l’instant, on cherche une façon de remplacer les Libéraux, poursuit M. Cornellier, et comme le Parti Québécois n’est pas très haut dans les sondages, la CAQ se présente comme la meilleure option [pour renverser l'ordre établi]. »

L’éducation : un cheval de bataille

L’expérience qu’a acquise François St-Louis comme directeur du camp Papillon, un camp de vacances venant en aide aux enfants handicapés, semble l’avantager aux yeux de certains électeurs dans sa course qui l’oppose à Véronique Hivon en ce qui concerne l’éducation.

Dans un article publié dans le journal l’Action, ce dernier a promis de s’attaquer à la problématique du décrochage scolaire en améliorant l'état des écoles alors que Mme Hivon opte pour des solutions plus pragmatiques en manifestant, entre autres, son désir d’ajouter quatre nouvelles classes dans les écoles primaires des villages de Sainte-Mélanie et de Notre-Dame-De-Lourdes.

À Joliette, l’éducation est un problème majeur. Selon un document publié en 2017 par le centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière (CISSS), 18% des adultes âgés de 18 à 65 ans n’ont pas complété leur parcours secondaire dans la région. Ce problème affecte également la situation socioéconomique de la circonscription en éloignant la clientèle défavorisée des emplois mieux rémunérés.

Marc-André Berger, le directeur adjoint du centre de formation de l’Envol de Joliette, connaît bien cette réalité. Son établissement spécialisé dans l’éducation aux adultes accueille une clientèle vivant parfois dans des situations précaires. « Il manque beaucoup de financement de la part du ministère de l’Éducation, explique-t-il. Nous devons donc faire affaire avec des organismes communautaires afin d’aider nos étudiants qui font [parfois] face à des responsabilités familiales assez lourdes. »

Quoi qu’il en soit, la lutte s’annonce serrée à Joliette entre la Coalition Avenir Québec et le Parti Québécois, venant flouter l’issue de la campagne électorale, ce premier octobre.