Granby, château fort caquiste ou village de l’irréductible Bonnardel

La relation entre la circonscription de Granby et le député caquiste François Bonnardel est particulière. L'arrivée de quatre nouvelles candidates puis d'un cinquième adversaire pourrait toutefois compliquer la tâche du candidat sortant.

À mi-chemin entre Montréal et Sherbrooke, la circonscription électorale de Granby, créée en 2011, correspond aux délimitations de la ville du même nom. Granby est composée de 66 225 habitants selon les données d'Élections Québec (2017). De ce nombre, 52 850 résidents sont aussi électeurs.

Jusqu'en 2011, Granby faisait partie de la circonscription de Shefford, qui est disparu à la suite du découpage du territoire québécois, orchestré par la Commission de la représentation électorale. Cette décision avait été rendue en 2010, en vertu de la réglementation sur la limite de population que la circonscription de Shefford avait presque atteinte.

La circonscription électorale de Granby, créée en 2011, correspond aux délimitations de la ville du même nom. | Alexandre Perras

Granby en est donc à ses troisièmes élections provinciales depuis le découpage territorial de 2011, mais rien n'y a changé pour les électeurs. La tendance à Granby est de voter pour des candidats et non pour des partis.

Le député libéral Bernard Brodeur a eu la confiance des électeurs pendant 13 ans avant l'arrivée de M. Bonnardel. De 1994 à 2007.

Le député sortant a quant à lui la confiance de la population de la ville de Granby depuis les élections de 2007, alors qu'il se présentait pour l'Action démocratique du Québec (ADQ).

« Ce n’est pas la CAQ ni l’ADQ qui ont réussi à se créer un château fort à Granby, c’est François Bonnardel qui a réussi à se bâtir un château fort », explique Kevin Paquette, président de la Commission de la Relève de la CAQ et résident de Granby.

Les candidats

Le dernier leader parlementaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Bonnardel, amorce une cinquième élection avec confiance.

Avocate en droit corporatif, la candidate libérale Lyne Laverdure veut notamment s’attaquer à la pénurie de main-d’oeuvre dans la circonscription.

Du côté du Parti québécois (PQ), Chantal Beauchemin en est aussi à ses premières expériences en politique provinciale. Enseignante à Granby, Mme Beauchemin fait de l’éducation sa préoccupation numéro un.

Pierre Bélanger, notaire de profession, porte les couleurs du Parti conservateur du Québec (PCQ). Ce parti tente d’ailleurs un retour dans la circonscription de Granby après l’avoir délaissé lors des élections de 2014.

La jeunesse est présente dans Granby. Anne-Sophie Legault, candidate pour Québec solidaire (QS), voit aussi l’éducation comme l’une de ses priorités. La jeune femme de 21 ans étudie en enseignement au préscolaire et au primaire à l’Université de Sherbrooke.

Enfin, Daphné Poulin porte les couleurs du Parti vert (PV). Aussi âgée de 21 ans, Mme Poulin étudie en philosophie à l’Université de Sherbrooke.

Le lac Boivin de Granby : un lieu de loisir, de tourisme et de conservation de la nature. | Alexandre Perras

Les enjeux

« Pour l'instant les trois blocs qui ont été sélectionnés pour le débat de la circonscription sont la santé, le transport et l'économie », explique Claude Surprenant, Directrice générale de la Chambre de commerce Haute-Yasmaka et organisatrice du débat des candidats prévu le 18 septembre prochain.

Des thématiques comme la rareté de mains-d'oeuvre ainsi que l'immigration seront abordées dans le volet économique. La question du trafic dans la ville sera discuté, notamment par les problématiques entourant la route 139. Enfin, les candidats examineront les questions sur l'accessibilité des services de santé.

« Ces thématiques sont bien évidemment importantes pour la Chambre, d'un point de vue entrepreneuriale, mais le sont tout autant pour la population. Ce sont des sujets qui sont souvent revenus dans nos consultations », affirme Claude Surprenant.

Le débat des candidats dans Granby aura lieu le 18 septembre 2018 au Foyer du Palace dès 18 h 30.

Un journaliste se doit d’être près de l’action.