Chaude lutte dans Borduas

La course électorale est lancée et deux partis joueront du coude dans la circonscription de Borduas, qui s’étend sur plusieurs villes et villages aux abords de la rivière Richelieu, regroupant notamment les villes de Mont-St-Hilaire, Beloeil, McMasterville et leurs environs.

Sans surprise, une lutte serrée est à prévoir entre le Parti québécois et la CAQ. La raison est simple, avant les élections provinciales de 2014, le territoire était une véritable chasse gardée du Parti québécois, y ayant régné depuis la création de la circonscription en 1994. Toutefois, en 2014, la CAQ et son candidat Simon Jolin-Barrette ont réussi un coup d’éclat en soutirant le territoire aux péquistes. Une victoire à l’arrachée, rappelons-le, qui s’était remportée par seulement 99 voix de plus que le candidat de Parti québécois, Pierre Duchesne.

La lutte s’annonce donc féroce, comme le prouve la décision purement stratégique du chef du Parti québécois Jean-François Lisée, qui a décidé de lancer sa campagne électorale, non pas à Québec comme c’est coutume, mais bien à Mont-St-Hilaire, le 23 août dernier. Tel que rapporté par Radio Canada, la vice-cheffe du Parti, Véronique Hivon, a allumé la flamme indépendantiste en déclarant: « on est en territoire patriote », au lancement de la campagne qui se tenait en bordure du chemin des Patriotes, à une dizaine de minutes de Saint-Charles-sur-Richelieu qui fut le théâtre d’une célèbre bataille impliquant la troupe de Louis-Joseph Papineau.

Le candidat péquiste Cédric Gagnon-Ducharme est en mission dans Borduas, son parti veut absolument reconquérir le comté après quatre ans d’absence. Un défi assez imposant, surtout depuis que l’Oeil Régional, l’hebdo local, ait dévoilé que les maires et mairesses de plusieurs municipalités de la circonscription ont donné leur vote de confiance au député sortant, le caquiste Simon Jolin-Barrette, en raison du travail accompli depuis son élection en 2014. Toutefois, cet appui est à relativiser, le conseiller municipal de la ville de Mont-St-Hilaire, Émile Grenier, est d’avis que depuis son élection, Simon Jolin-Barrette n’ose pas se mouiller pour trancher dans certaines décisions de la ville; ce qu’il a apporté est surtout une écoute aux citoyens, sans réaliser de réelles actions pour changer la ville, il mise surtout sur sa visibilité.

Nicolas Gravel, étudiant en science politique à l’UQAM, est le représentant du Parti Vert qui place la lutte contre les changements climatiques au coeur de sa campagne. Ce dernier est tranchant dans ses propos, il affirme que c’est un bastillon que la CAQ et le PQ partent favoris avant même le début de la campagne, ajoutant que cela est dommage pour les autres partis qui pourraient peut-être faire une différence.

Toujours dans Borduas, Martin Nichols, qui compte s’afficher sous les couleurs du Parti conservateur aux prochaines élections fédérales, est le candidat libéral; à noter que le PLQ avait terminé bon troisième dans Borduas lors du dernier scrutin provincial en 2014.