Bars, touristes et itinérance: portrait d'une circonscription du Centre-Ville, Sainte-Marie-Saint-Jacques

Itinérance, sécurité, les PME (petites et moyennes entreprises), droit de la communauté LGBT et logement sont les principaux enjeux qui façonnent la campagne électorale de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

Reflet de Montréal, la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques représente bien la diversité de la métropole québécoise. Quartier touristique et étudiant, Sainte-Marie-Saint-Jacques concentre un nombre très important de restaurants et de bars. Danny Jobin, propriétaire de deux bars dans le Village – le District Video Lounge et le Club Date Karaoké, explique lors d’une entrevue que pour lui « les bars et restaurants se portent bien, mais ne font plus l’argent qu’ils faisaient, à cause des taxes, de ce qu’il [ndl : le gouvernement] nous prend. »

Monsieur Jobin est arrivé il y a près de 30 ans dans le quartier et se souvient que les propriétaires de logements et locaux « exagéraient les prix, car tout le monde marchait à plein régime. Mais depuis les deux trois dernières années il y a eu un regroupement qui a fait en sorte que les loyers ont baissé pour les commerçants, ce qui fait en sorte que le quartier revit. »

Le "ramasseur de cannes" au Parc de l'espoir dans le Village | Clara Loiseau

Mais si le quartier revit, les commerçants, propriétaires et habitants de la circonscription se plaignent du taux d’itinérants qui augmentent d’année en année dans le quartier. « De plus en plus d’itinérants et de plus en plus de dealers de drogues viennent ici. Avant les itinérants te demandaient quelques sous, maintenant ils te demandent plus agressivement plus d’argent » explique le propriétaire de bars. De nombreuses agressions ont été recensées, qui sont souvent des agressions dues à la drogue.

L’itinérance, la sécurité, c’est pour monsieur Jobin l’un des principaux problèmes auxquels il est confronté tous les jours et pourtant il ne se sent pas écouter ni par les candidats qui se présentent aux postes de députés ni par la mairie de Montréal.

Contrairement au propriétaire du Club Date et du District Video Lounge, Cécile Arbaud, directrice générale de l’organisme communautaire Dans La Rue, est très satisfaite du travail qu’a déjà mené la candidate sortante Manon Massé, mais également de la candidate de la CAQ, Jennifer Drouin, qui « a fait une visite [...] pour se former ». Pour la directrice générale de Dans La Rue, « la thématique de l’itinérance est prise en compte. »

Logement de rue, un matelas | Clara Loiseau

Évidemment, même si les organismes communautaires se sentent soutenus par au moins deux candidats sur quatre dans la circonscription, des mesures sont attendues pour lutter contre l’itinérance. « C’est d’abord de soutenir les demandes en matière de logement au niveau du gouvernement provincial et aussi de la ville, ça va ensemble. Puis deuxièmement, soutenir le plan d’action en itinérance, mais au-delà de ça, c’est d’aider les organismes et les partenaires à nouer des partenariats et avoir une approche plus proactive au niveau de l’itinérance » explique madame Arbaud.

La politique de la candidate de Québec Solidaire semble continuer de plaire puisqu’elle atteindrait aujourd’hui les 99 % de chance de se faire réélire dans la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques. À ce jour Manon Massé est donc en tête des sondages avec 36,6 % d’intentions de vote, devant Louis Charron pour le Parti libéral qui atteint 24,3 % des intentions de vote. Le Parti Québécois et la CAQ se retrouvent eux à 17 % et 15,8 % respectivement.

Journaliste sur le terrain | Clara Loiseau
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Clara Loiseau

  • Montréal